Semis de maïs 2019 : lorsque les choses se gâtent…

  • mai 07
    Greg Stewart
    Semis de maïs 2019 : lorsque les choses se gâtent… By Greg Stewart on Mai 7, 2019
    Categories: Choix d’un hybride de maïs, Maïs Grain, Semis, Maïs pour ensilage, Conseils

    Même si nous n’en sommes qu’aux tous premiers jours de mai, les précipitations tenaces et les températures fraîches ralentissent les semis du maïs dans tout l’est du Canada et, déjà, des questions se posent à propos de l’opportunité d’effectuer un transfert vers des hybrides moindres que de pleine saison. Notre message principal est à l’effet qu’il est certainement trop tôt pour paniquer. La plupart de nos sources de données suggèrent que le meilleur moment pour transférer vers des hybrides de saison moyenne est plutôt dans une fenêtre se situant entre le 21 et le 28 mai.

    Les plus récentes études concernant les dates de semis réalisées en Ontario (Université de Guelph et OMAFRA) indiquent en substance qu’un semis réalisé le 25 mai démontre une perte de rendement de 5% par rapport au semis du même hybride qui serait semé avant le 10 mai. Même si cela représente une perte de rendement qui n’est jamais souhaitée, cela signale un seuil où le transfert vers des hybrides de saison plus courte avant la date du 25 mai entrainera la plupart du temps une perte de rendement supérieure à 5%.,

    Joe Lauer, un spécialiste en agronomie du Wisconsin, a réalisé également des analyses portant sur des études réalisées touchant les dates de semis, et il a découvert que les coûts de séchage étaient un facteur important à considérer pour déterminer les changement de dates entre des hybrides de pleine saison et ceux de saison plus courte. Si vos coûts de séchage du maïs sont généralement assez dispendieux, des changements de dates devraient alors vous guider vers le début de la fenêtre indiquée.

    Le maïs peut faire du rattrapage – Des chercheurs du mid-ouest américain ont indiqué que des hybrides semés plus tardivement nécessitent en effet moins d’UTM pour atteindre leur maturité que ces mêmes hybrides qui auraient été semés plus tôt en mai. Les chiffres suggèrent qu’un hybride de 3 000 UTM semé le 5 mai nécessitera 3 000 UTM pour atteindre le point noir du grain. Lorsque le même hybride est semé le 25 mai (20 jours plus tard), il nécessitera environ 2 875 UTM. La plupart des UTM que vous acceptez de céder avec un semis le 25 mai seront compensés par le développement du plant semé plus tard, mais avec relativement moins d’UTM.

    2019 – Lors d’une saison plus courte (moins de 2 850 UTM) dans des secteurs plus affectés par la neige, il est toujours approprié de semer des hybrides de pleine saison jusqu’au lundi 20 mai. Dans ces secteurs de saison plus courte, cette journée du 20 mai marque le moment où un changement d’hybride peut être envisagé, surtout si les prévisions météorologiques ne sont pas favorables. Et si vous vous déplacez vers des secteurs plus au sud, affichant 3 200 UTM, il vous restera encore une semaine de plus pour maintenir votre sélection d’hybrides adaptés à une pleine saison. Au-delà des secteurs affichant 3 200 UTM, les hybrides de pleine saison conviennent parfaitement jusqu’aux premiers jours de juin.

    Notes – Les réflexions qui précèdent sur cette page seront judicieuses, tant et aussi longtemps que vous n’aurez pas déjà choisi des hybrides dépassant de 150 UTM vos choix habituels de pleine saison. Même s’il s’agit d’une stratégie intéressante pour pousser les rendements à la hausse, vous pourrez devoir y renoncer en 2019. De la même façon, des producteurs qui ont déjà choisi une bonne gamme de maturités avec leurs hybrides subissent moins de pression pour transférer des choix d’hybrides, en comparaison de ceux qui ont déjà surpondéré fortement leurs sélections avec des hybrides de pleine saison.

    Si vous ne pouvez pas combattre Mère Nature et si vous devez absolument transférer vers des hybrides de saison plus courte, assurez-vous de discuter de toutes ces possibilités avec votre représentant Maizex.

    Voici quelques propositions supplémentaires à considérer, afin de maximiser l’efficacité de vos semis lorsque qu’une accalmie saisonnière se présentera enfin.

     

    1)  Disposez d’un plan, imprimez-le et faites-en des copies. Assurez-vous que vos plans de culture sont disponibles partout : dans vos cabines, dans vos camions, et même chez votre belle-mère… juste au cas!

    2)  Parlez-en. La plupart d’entrevous travaillez en équipe sur la ferme, même si cela n’implique qu’une ou deux autres personnes. Lors de la prochaine journée pluvieuse, achetez une boite de beignes et profitez-en pour discuter avec chacun, afin de bien planifier le travail, pour le moment où vous devrez passer à l’action.

    3. Ne lésinez pas avec les engrais au démarrage. Lorsque la saison est retardée, il y a une tendance à vouloir éloigner l’engrais du semoir, afin d’accélérer le processus. Cette démarche peut vous nuire. Lors d’un printemps qui va à contre-courant, les plants de maïs réclament tous les avantages possibles pour arriver à maturité et générer du rendement; restez au moins avec de l’engrais de démarrage, spécialement sur des sols à faible teneur et lors de semis tardifs.

    4. Réservez de l’application d’azote pour plus tard. Il est difficile de négliger le besoin d’appliquer au moins 30 livres d’azote par acre, le plus près possible du semis. Toutefois, pour ce qui est du reste d’application de l’azote, il restera 45 jours pour le faire et à peu près 45 manières différentes de le faire après le semis : attendez donc un peu! 30 livres d’azote par acre lors du semis suffiront pour amener la culture de maïs jusqu’au stade des 4 à 5 feuilles.

    5. Ce n’est pas le temps de vous amuser avec le travail du sol. Si un seul passage du cultivateur réussit à faire le travail, commencez dès lors à semer! Concentrez-vous sur la qualité du fond de semis, et si tout semble approprié, arrêtez de travailler le sol et semez. Les 2e ou 3e passages, qui ressembleront à du travail agréable pour niveler le champ, pourront attendre à une autre occasion.

    6. Travaillez de manière sécuritaire… de corps et d’esprit. Aucun printemps à contre-courant, ni aucun semis retardé ne vaut la peine pour vous de risquer des blessures. Soyez prudents, et restez en sécurité, vous et tous vos proches! Si le stress de la saison vous accable, parlez-en à quelqu’un. Chacun de nous dans l’Équipe de Maizex aimerait en discuter avec vous.